Historique

C'est bien évidemment, en Angleterre, à la rentrée de 1961 à la "Sedgehill Compréhensive School" de Beckenham, ville située à 13 kms du centre de Londres qu'est né le futur groupe de rock qui écrira l'une des plus belles pages de l'histoire de la musique, Status Quo. La Segdehill Compréhensive School est tout sauf un modèle d'accueil. Mille cinq cents élèves, de 11 à 18 ans, majoritairement issus de la classe ouvrière, y composent l'effectif. Deux jeunes élèves, Alan Lancaster et Alan Key jouent du trombone dans un groupe de jazz de leur école. Un autre jeune de l'école, un dénommé Francis Rossi devient leur ami et devient hâtivement trompettiste de cette formation en herbe. Mais bientôt, ces instruments sont changés au profit de guitares. L'enthousiasme règne au sein des trois adolescents. Mais lorsqu'ils se voient offrir leur première opportunité de concert quand il leur est proposé de jouer un samedi matin, dans un cinéma local, pour un show pour enfants, ils préfèrent refuser n'ayant pas encore confiance en eux. Après le départ d'Alan Key et l'incorporation de John Coghlan à la batterie, le groupe répète énormément et le premier concert avec Coghlan, à la batterie, est donné dans une salle de classe de la Segdehill Compréhensive Scholl, lors d'une fête de l'école. Devant tant de détermination et avec enfin, un batteur présentable, le père de Lancaster décide de les faire jouer dans une salle de sport, le Samuel Jones Sport Club à Dulwich, en octobre. 'Ca peut paraître grandiose mais ce n'était, réellement qu'un vieux hangar, bourré de courant d'air, situé à côté d'un terrain de sport' affirme Rossi. Il y a maintenant un mois que Coghlan joue avec les Spectres et le groupe a fait d'énormes progrès. Tout n'est pas super, c'est sûr mais ils sont, maintenant, capables de présenter quelque chose qui tient debout, sans trop de fausses notes même si certains passages de morceaux restent approximatifs. C'est le premier vrai concert du groupe, joué dans une vraie salle, devant un vrai public d'environ une cinquantaine de personnes. Le groupe, qui ne joue que cinq morceaux soit environ vingt minutes suivis d'un petit rappel, donne deux représentations. Ces premiers concerts s'avèrent être de petits succès, le public n'hésitant pas, en fin de soirée à faire une petite collecte, leur donnant ainsi leur premier cachet. " Nous avons touché 5 Livres pour la première performance. Pour la seconde, nous avons fait la quête avec un chapeau et récolté 2 Livres " dira plus tard Francis Rossi. Pour leur seconde prestation de la journée, le groupe jouera sa set-list dans un ordre différent afin de ne pas redonner exactement le même concert.

En 1963 , plusieurs concerts sont donnés dans le sud-est et le centre de Londres. C'est au cours de l'année 1964, alors qu'ils se produisent, à nouveau, au Samuel Jones Sports Club, que les Spectres font la connaissance de Pat Barlow, un plombier, qui semble avoir des contacts avec le monde musical. Il se décide à prendre en mains la destinée du groupe. 'Dès qu'il est devenu notre manager, il nous a trouvé des concerts, c'était un véritable petit homme d'affaire et un homme extraordinaire, un véritable père pour chacun d'entre nous' affirme Rossi. Barlow leur trouve plus de concerts et encore des concerts et c'est entassé dans la camionnette de vente de glaces de la famille Rossi, que le jeune groupe écume toute la banlieue sud de Londres. La police locale est souvent surprise de voir ces jeunes musiciens et le matériel empilés dans ce véhicule et les arrestations et contrôles sont fréquents. 'Nous avions pris l'habitude d'être arrêtés par la police. Une grosse partie des concerts se déroulent à Lewinsham et Liverpool. Au mois de janvier 1965, premier gros coup lorsque les jeunes Spectres assurent la première partie des Hollies, au Civic Hall d'Orpington, Civic hall avant d'élire domicile, pour quelques lundis, au Café des Artistes de Londres puis de signer un contrat de 3 mois au camp de vacances de Butlin's dans le Minehead. C'est là que Rick Parfitt fera la connaissance des autres. En octobre, les Spectres retournent, pour quelques dates, au café des artistes de Londres.

Le 26 mars 1966, le groupe joue au Corn Exchange de Bristol, en première partie de Mark Roman and the Javelins. Rapidement, la formation va tomber dans les mains du producteur, John Schroeder. Ce dernier, qui a déjà découvert de jeunes talents, est enthousiaste et pense avoir trouvé un groupe à succès et c'est après avoir assisté à un concert au Charlie Chester's Casino de Londres et à quelques unes des répétitions des Spectres dans le sous-sol de leur plombier-manager qu'il décide de leur offrir leur premier contrat discographique qui est signé le lundi 18 juillet. Malheureusement, les singles produits, cette année, ne rencontreront aucun succès, en Angleterre, et ceux produits, l'année suivante, subiront le même sort.

L'année 1968 va, complètement, changer la donne, en Angleterre. Status Quo voit les ventes de son cinquième single enfin décoller. Sorti le 5 janivier, 'Pictures of Matchstick men'. Le 16, le groupe est invité par la B.B.C pour l'enregistrement de quelques titres dont 'Spicks and Specks', 'Judy in disguise' et 'Pictures of matchstick men' qui seront diffusés à partir du 22 dans l'émission 'David Symonds show'. C'est une excellente publicité pour le combo qui voit finalement 'Pictures of matchstick men' entrer dans le top anglais le 27 à la 49ième place (il culminera à la 7ième place, le 13 février). Le 3 février, le réputé magazine anglais, 'New musical Express' fait la publicité du single, en première page, chose qui n'était jamais arrivée à la formation. Le passages à l'émission 'Tops of the Pop' vont se multiplier et pas moins de 169 dates seront données en Angleterre. L'année 1969 commence bien pour Status Quo, en Angleterre, car, le 20 février, la formation foule, pour la première fois, les planches du célèbre Royal Albert Hall de Londres, en compagnie de The Move et du Spencer Davis Group. Le lendemain, le groupe est présent à l'émission de télévision, 'Crackerjack' alors que, le 13 avril, Status Quo participe au Record Star Show de Londres en compagnie de grosses pointures telles que Joe Cocker, the Herd ou encore Amen Corner. Côté disque, c'est la catastrophe la plus totale, 'Are you growing tired' est classé n°46 alors que 'The price of love' et 'Make me stay a bit longer' resteront hors des classements. Résultats de ces désaveux et aussi à cause de l'internationalisation de la formation, Status Quo ne donnera que 90 concerts, en Angleterre, en 1969.